reviews

The Vyllies 1983 – 1988
Rétrospective 1983-1988
A l’ombre des légendes
THE VYLLIES
Dark Entries (B), October 2013
Obsküre Magazine (F), #17 Septembre/Octobre 2013
24 heures (CH), 20. Novembre 1985
SPIN (US), September 1985
> deutschsprachige Rezensionen
> german-language reviews translated by google

The Vyllies 1983 – 1988

Dark Entries (B), October 2013

Het label mital-U doet in Zwitserland ongeveer hetzelfde wat LTM in de UK doet: het heruitbrengen van (soms bijna vergeten) oude glorie zodat de huidige generatie alternatievelingen geen excuus meer heeft om oud goud links te laten liggen… Wat mital-U betreft is het na GRAUZONE en mittageisen (leest u zeker onze reviews elders op de site) nu de beurt aan de Vyllies…

De wie en watte…? Drie zwitserse dames besloten begin jaren 80 gezamelijk om de universiteit vaarwel te zeggen en zich toe te leggen op hun gemeenschappelijke passie: muziek. Onder de aliassen van Manu Moan, Ursula Nun en Ilona Prism (klinkt heerlijk theatraal, niet?) werd The Vyllies opgericht, deze naam lenend uit de slavische folklore. Vela’s zijn vrouwelijke kwelgeesten die hun mannelijke slachtoffers verleiden en hen vervolgens naar een gewisse dood voeren. Een beetje zoals de sirenen dus, al zou je een Vyllie ook wel kunnen zien als metafoor voor een Femme Fatale…

Met de eerste EP uit 1984 wordt al meteen de juiste toon gezet: 5 nummers die zwaar leunen op een donkere synthsound en die tekstueel eenvoudig doch effectief zijn. Er wordt geopend met Purple Gorilla, een verhaaltje over een gorilla die een mensenbrein krijgt getransplanteerd en vervolgens (hoe kan het ook anders?) volledig lös gaat. Belangrijkste nummer is een oerversie van het aanstekelijke Whispers in the Shadows, dat later herwerkt zal worden en zelfs van een mooie clip wordt voorzien. Een jaar later volgt een tweede EP, Velvet Tales, waarin vooral The Sky is Full of Stitches uw aandacht waard is. Datzelfde jaar komen ze nog aanzetten met Lilith, een album waarin hun obscure maar toch wave/poppy geluid nu volledig tot zijn recht komt. Lilith is te onthouden voor de nu defenitieve versie van Whispers in the Shadows (ongelooflijke oorwurm, dat deuntje!) en ook het repetitieve Give Me a Name, dat met enige fantasie een voorloper zou kunnen zijn van de sound van Relatives Menschsein. Twee jaar later trekken The Vyllies naar Londen en hopen ze met een gemoderniseerd geluid een breder publiek te veroveren. Helaas klinkt Sacred Games uit 1987 iets teveel -naar mijn zin- als een soort gepimpte 80’s disco en lijkt de échte ziel van The Vyllies niet tot zijn recht te komen. Voorbeelden hiervan zijn (single) Now We Fall en The Amazon Archer. Maar hey: er zijn genoeg mensen die wél van synthpop houden, toch?

The Vyllies hielden het in 1988 voor bekeken, maar ondertussen hadden ze wel een goede basis gelegd voor wat een jaar later zou uitgroeien tot de Neue Deutsche Todeskunst. Akkoord: The Vyllies hebben nooit in het duits gezongen, wat toch een van de voorwaarden is om over NDT te kunnen spreken. Het waren dan ook geen duitsers, maar is Tilo Wolff ook geen zwitser…? Ik maak me echter sterk dat ze met hun theatrale podiumprésence, hun kledij (zie het meisjesuniform op wave-fuiven in de jaren 90) en hun donkere synthmuziek zeker een invloed moeten gehad hebben op NDT-bands als Goethes Erben (what’s in a name), een allervroegste Lacrimosa en Relatives Menschsein. De nostalgici onder ons zullen het met me eens zijn: daar kunnen we The Vyllies enkel dankbaar voor zijn!

Voer voor alle zwartjassen die nog geven om hun roots…!

Jan Denolot

Rétrospective 1983-1988

Obsküre Magazine (F), #17 Septembre/Octobre 2013

Que serait la darkwave d’aujourd’hui sans les Vyllies? Tout était déjà là, ce même minimalisme électronique analogique mêlé à un lyrisme gothique possédé. Ce trio formé par Manu Moan (voix, percussions), Ilona Prism (voix, basse) et Ursula Nun (synthés, boîte à rythmes) reste, à l’instar de YOUNG GODS ou GRAUZONE, l’un des groupes suisses à avoir eu le plus d’échos en dehors de ses frontières. Le double CD paru cet été sur mital-U est l’occasion de se replonger dans ces incantations romantiques à la théâtralité délicieusement batcave.
Étudiantes à l’Université de Lausanne, c’est d’abord par le biais du groupe grec Yell-O-Yell qu’elles vont lancer leur carrière quand il leur propose d’enregistrer leurs propres chansons dans un studio à Athènes. Les cinq titres qui en sortent sont tellement enthousiasmants que le producteur suggère de sortir leur premier EP sur son label Creep Records en 1984. Les retours sont bons et les jeunes femmes décident alors de se lancer pleinement dans la musique et de quitter les bancs de la fac. Un autre maxi voit le jour, Velvet Tales (1985) qui bénéficie d’une instrumentation classique, avec cordes et piano, assez éloigné du minimalisme new wave initial.
Paraîtront ensuite les deux albums Lilith (1985) et Sacred Games (1987), sortis sur leur propre label Out Of Tune. Assez vite, leur talent pour créer des ambiances insolites et fantastiques, leurs performances et costumes séduisent l’étranger, notamment avec une vidéo comme celle de «Whispers in the Shadow» et l’émotion troublante qui se dégage de cette triste histoire d’amour. Les concerts s’enchaînent, notamment des premières parties de Gun Club, Minimal Compact ou Sex Gang Children. Les chansons évoquent des châteaux hantés («La Nuit des Vyllies»), entre hystérie démoniaque («Babylon»), sensualité spectrale («Whispers in the Shadow»), orchestrations victoriennes («Agrainir», «Exquisite Carcass»), lamentations cold («Rare»), marches funèbres hypnotiques («The black Raven») ou comptines angoissantes («The Food Prayer»).
Leur nom est lui-même fort justifié. Les musiciennes incarnent ces créatures fantomatiques des contes populaires de la mythologie slave. Condamnées à mourir avant le mariage, elles quittent leurs cercueils à la nuit tombée pour danser, mais si un homme tombe dans leurs griffes, elles se déhanchent sauvagement autour de lui jusqu’à ce qu’il meure. à la fin de leur parcours, les Vyllies s’étaient dirigées vers des domaines bien plus pop. Malgré le succès, elles décidèrent de poursuivre d’autres chemins en 1988, après une longue tournée européenne. Leur imaginaire poétique et leurs harmonies vocales riches et tourmentées restent des territoires à explorer encore aujourd’hui et peuvent être comparées aux expérimentations glaçantes de Malaria! ou Astaron. Un bonheur.

Max

A l’ombre des légendes

24 heures (CH), 20. Novembre 1985

Il y a quatre ans, à l’Université de Lausanne, trois jeunes filles décident de former un groupe. Comme ça, pour s’amuser; parce que, à l’époque, il était encore rare que le rock soit une affaire de femmes. Mais ce qui au depart n’était qu’une plaisanterie, va vite devenir quelque chose de plus sérieux. Les VYLLIES vont faire une croix sur leurs études pour mieux se consacrer à la musique. Et après deux mini-LP et un passage au Festival de Montreux cet été, elles viennent de sortir leur premier album: ‘Lilith’, enregistré à Zurich où elles ont élu domicile.

Un disque étrange, où la musique, presque entièrement synthétique, est constamment enveloppée par les voix de Manü Moan et d’Ilona Prism. Des voix au grain sombre et sensuel, fusionnant le temps d’un couplet pour mieux se séparer l’espace d’un autre; profitant des brèches laissées par les synthétiseurs d’Ursula Nun pour remplir le silence d’une plainte suscitée par la souffrance ou le plaisir…
Un disque où les textes portent la marque des obsessions de leurs auteurs: la mort, le bien et le mal, la recherche d’une identité, d’une religion. On y trouve aussi le désir de retrouver la clé des mythes, perdue au fil des siècles, la clé des légendes qui vivent encore, enfouies obscurément au plus profond de nous. Une quête symbolique, où la peur de l’absolu engendre le malaise de vivre; où la crainte de la mort suscite la joie d’être en vie.
Un disque où il n’est pas inutile de connaître la légende des VYLLIES et celle de ‘Lilith’ pour mieux en appréhender l’essence, le climat. Dans le ballet ‘Giselle’, une femme meurt de chagrin. Son amant l’a trahie. Dans l’au-delà, elle rencontre d’autres femmes, décédées pour des raisons similaires. Sous le nom de VYLLIES, elles reviendront sur terre se venger. Mais Giselle, au moment du supplice de 1’être aimé, va se substituer à lui et mourir une seconde fois. Quant à Lilith, elle était, selon le Talmud, la premiere femme d’Adam, faite non pas d’une de ses côtes, mais de la même matière que lui, avec les mêmes droits. Lasse, Lilith quittera Adam pour aller s’accoupler avec des archanges déchus et donner naissance à des enfants maudits, créatures de la nuit.
Un disque sérieux comme le plaisir mais où l’humour et l’ironie gardent une large place. Et comme disait Gainsbourg: «L’humour et l’ironie sont la galanterie du désespoir.» Ou encore: «La beauté est la seule vengeance des femmes.»
‘Lilith’ fait partie de Ces vengeances qu’on aime!

Jean-François Clavel

THE VYLLIES

SPIN (US), Septembre 1985

Beyond the valley and the shadow of Heidi come the VYLLIES, three black-silk-and-lace women who bring a dose of scintillating darkness to ‘Velvet Tales’, a four-track 45 on which whispered myths meet yodels over delicately chiming church bells, electronic dance percolations, and French café violins. Ilona Prism and Manü Moan provide the clear, strong, and powerful vocals, singing in mixed French and English (though their pronunciation is such that one might have trouble figuring which is which without the lyric sheet). Prism and Moan spin majestic tales of wickedly warped beauty. Murder is such an everyday occurrence, they even mention who’ll clean up the mess. From the myth of the goddess ‘Ahia’ through the vocal repetitions on ‘Agrainir’, which pulses like the vocoded backing track on Laurie Anderson’s ‘O Superman’, nobody makes better use of the syllable ‘aahh’. For those who love the moody ballads of Siouxsie Sioux, these elegantly twisted women of blackness spin tunes of cat cabal and cut up carcasses.